mannequin et cavalière, rien n'arrête iman pérez

À tout juste 17 ans, Iman Pérez compte bien devenir la première top à remporter les Jeux Olympiques. Rencontre avec une adolescente qui n'a peur de rien ni personne. 

« Déjouer les obstacles ». C’est la promesse qu’Iman Pérez s’est faite à elle-même. La métaphore ne pouvait pas l’honorer d’avantage. Fervente activiste, mannequin et cavalière professionnelle, la jeune femme n’a pas attendu sa majorité pour exprimer la grandeur de ses engagements : poursuivre une carrière dans le mannequinat en tant que femme métisse, concourir aux championnats d’Europe d’équitation et devenir la première top à remporter les Jeux Olympiques – rien que ça. Du haut de ses 17 ans, Iman irradie. De beauté, oui, mais surtout d’assurance. Celle qui se reconnaît dans une Jourdan Dunn ou une Tyra Banks compte bien prouver à l’industrie qu’elle a son rôle à y jouer. Quant à l’équitation, qu’Iman pratique depuis ses 5 ans, elle la mènera aux Jeux Olympiques d’ici quelques années. Rencontre avec la relève de Calamity Jane. 

Qu’est-ce qui t’a poussée à rejoindre le mannequinat et quel regard portes-tu sur cette industrie ?

J’aimerais marcher dans les pas de Jourdan Dunn. Une mannequin noire qui est parvenue à renverser les préjugés, briser les tabous. L’industrie du mannequinat reflète bien une réalité. Celle qui voudrait que les femmes noires aient plus à prouver que les femmes blanches, qu’elles bataillent plus pour être estimées. Il reste beaucoup à faire, même en 2017, pour que les mannequins noires aient la place qu’elles méritent dans l’industrie. C’est ce pour quoi je veux me battre. Le parcours de Tyra Banks m’inspire énormément. C’était une mannequin mais surtout une vraie business-woman. Tout ce qu’elle a réussi à faire sans être comme tout le monde, à la force de ses convictions, me booste. C’est un modèle d’indépendance et d’émancipation féminine.

Tu es également une cavalière professionnelle. Qu’est-ce que tu ressens quand tu montes à cheval ?

Je pratique l'équitation depuis mes 5 ans, c’est une passion qui ne m’a jamais quittée. Dès mes 7 ans, j’ai commencé les concours et le saut d’obstacles. En ce moment je travaille avec l’ancien entraineur de l’équipe de France, Jean Maurice Bonneau. Il nous a repérées avec ma co-cavalière et dirige notre stage pour intégrer les championnats d’Europe. C'est une vraie opportunité pour moi. 

Je suis accro à l’adrénaline, à la vitesse, à l’imprévisible. L’équitation est un langage qui engage le corps, les mouvements, la confiance. Les mots n’ont aucune emprise sur le cheval : c’est l’énergie et la force qu’on transmet à l’animal qui l’emportent. Ce que j'aime par dessus tout dans l'équitation, c'est la possibilité de se laisser aller, de tout oublier. À cheval, on ne pense qu'à l'instant présent, tout peut basculer en l'espace d'une seconde. 

Ça a quelque chose à voir avec l’instinct ?

Je pense que c’est une question de confiance – envers sa propre force et celle de l’animal qu’on monte. Il existe toujours une part d’imprévisible là-dedans : même après des années d’expérience dans le domaine, on ne sait jamais ce qui peut se passer dans la tête d’un cheval ni appréhender ses réactions. L’important quand on monte, mais je pense que c’est valable pour beaucoup d’autres choses dans la vie, c’est de se sentir connectée avec l’autre, dialoguer avec lui. L’instinct joue un rôle capital. 

Tu es du genre à te laisser guider par tes sens ?

Oui, plutôt. Quand je monte, je bascule dans un autre univers, à la campagne, dans les Yvelines. Je m’y rends tous les week-ends depuis que je suis petite –  l’odeur des écuries, du foin, de la paille m’apaise systématiquement. J’ai toujours été obsédée par les odeurs, je les collectionne depuis l’enfance. J’ai une trentaine de flacons chez moi ! Je parfume tout, c’est un rituel auquel rien n’échappe : ni mon lit, ni mes cheveux, ni mes tiroirs. J’ai besoin que les odeurs m’enveloppent – surtout celle des fleurs. Je ne pourrais pas vivre sans le parfum des roses près de moi. 

Tu voyages souvent et tu bascules d'un univers à l'autre en permanence mais tu donnes l’impression d’avoir les pieds sur terre. Quel est l’endroit où tu te sens la plus en phase avec toi-même ?

J’habitais avec mes cousins quand j’étais enfant, dans une maison sur deux étages. Quand ils sont partis à Los Angeles, j’ai ressenti le besoin d’aller les voir et je suis très attachée à cette ville. Mais celle dont je suis amoureuse c’est Paris. J’ai quelques endroits fétiches, où je passe tout mon temps sans jamais m’en lasser. Le Café de L’Homme, dans le musée du même nom, (le restaurant de Coco Coupérie-Eiffel, la sœur de mon entraineuse et championne de France de concours de saut d’obstacles) est mon refuge. De la terrasse, on a une vue magnifique sur les toits de Paris. Sinon je suis toujours fourrée chez Carrette où je prends tous mes rendez-vous. C’est une ville qui m’inspire. Je peux marcher pendant des heures, regarder l’architecture des immeubles, les détails de chaque bâtiment. Je suis tellement attachée à cette ville, à son histoire et ce qu’elle génère comme émotions - jamais je ne pourrais m’en séparer. 

À 17 ans tu es déjà passée devant l’objectif de grands photographes. Comment on fait pour être à l’aise devant la caméra selon toi ?

Ma mère est mannequin et mon père acteur – j’ai grandi avec la présence des objectifs, des caméras... J’ai un grand respect pour les photographes de mode. La rencontre qui m’a le plus boostée dans ma carrière de mannequin et m’a poussée à croire que je pouvais jouer mon rôle au sein de l’industrie, je la dois à Peter Lindbergh. J’ai eu l’occasion de travailler avec lui et il m’a mise en confiance tout de suite, m’a assuré que malgré mon jeune âge, j’avais toutes les chances de croire que j’étais faite pour ça. Venant d’un des plus grands photographes de mode, c’était un compliment qui a pris tout son sens. Au-delà de sa personnalité, j’ai beaucoup d’estime pour son travail. Il shoote à l’instinct : en quelques secondes, il parvient à obtenir ce qu’il attend de son modèle. C’est un génie.

J’ai cru comprendre que tu aimais beaucoup le cinéma. Est-ce que tu as un film fétiche ?

Breakfast At Tiffany’s, sans hésitation ! Audrey Hepburn représente ce que j’admire le plus chez les femmes : la force, la grâce. Tout ce qu’elle a fait, joué, chanté, porté, je le connais pas cœur. J’ai lu tous les livres écrits sur elle, vu tous les documentaires possibles sur sa vie.

Tu m’as dit que tu détestais l’école. Tu as toujours été une tête brûlée ?

Je suis très indépendante et j’ai une légère tendance à l'hyperactivité ! C’était un enfer pour moi de devoir rester en place, dans un espace clos avec pour seul interlocuteur un professeur qui m'assène des vérités. Enfant déjà, je passais mon temps à brûler de l’énergie. Je pratiquais la danse, la natation, la gymnastique. Et même après tout ça, j’avais encore de l’énergie à dépenser ! L’école m'enfermait. J’ai toujours su que ce n’était pas fait pour moi. Mais je tiens à passer mon baccalauréat, grâce à des cours par correspondance.

 Tu te sens plus en confiance avec les adultes ?

J’ai toujours été plus à l’aise et naturelle avec les adultes. En fait, en y réfléchissant bien, j’ai très peu d’ami(e)s de mon âge. Ils ont tous entre 20 et 30 ans. J’ai ma bande d’amis du cheval : Marie, ma co-équipière, est l’une des personnes auxquelles je tiens le plus. Et c’est une très belle histoire d’amitié vu qu’on a plus de 10 ans d’écart ! L’équitation est une passion qui réunit des personnalités très différentes, brasse les générations aussi. Elle forge des rencontres et des amitiés très intenses. Quant à mes références et mes inspirations, elles viennent presque toutes des années 1980 ou 1990 : la photographie argentique, les robes longues, le cinéma et les silhouettes de l’époque... Mais je ne suis pas nostalgique du passé ! Je tiens trop au temps présent. 

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